LA CONCEPTION CHRETIENNE DU POUVOIR
(Titre et intertitres sont de l'Icres)
La morale a sa source en Dieu
Là où est niée la dépendance du droit humain à l’égard du droit divin, là où on ne fait appel qu’à une vague et incertaine autorité purement terrestre, là où l’on
revendique une autonomie fondée seulement sur une morale utilitaire, le droit humain lui-même perd justement, dans ses applications les plus onéreuses, l’autorité morale qui lui est nécessaire
comme condition essentielle pour être reconnue et pour postuler même des sacrifices.
L'homme est fait pour vivre en société
La souveraineté civile, en effet, a été voulue par le Créateur (cf. Léon XIII Immortale Dei) afin qu’elle réglât la vie sociale selon les prescriptions d’un ordre immuable dans ses
principes universels, qu’elle rendit plus aisée, à la personne humaine, dans l’ordre temporel, l’obtention de la perfection physique, intellectuelle et morale et qu’elle l’aidât à atteindre sa
fin surnaturelle.
En un mot, la vraie notion de l’Etat est celle d’un organisme fondé sur l’ordre moral du monde ; et la première tâche d’un enseignement catholique est de dissiper les erreurs – celle, en particulier, du positivisme juridique – qui, en dégageant le Pouvoir de son essentielle dépendance à l’égard de Dieu, tendent à briser le lien éminemment moral qui l’attache à la vie individuelle et sociale.
Seul, d’ailleurs, cet ordre souverain peut fonder ‘l’autorité véritable et effective’ de l’Etat, dont nous redisions l’impérieuse nécessité en notre dernier Radio Message de Noël. Sur
cette base commune, la personne, l’Etat, l’autorité publique avec leur droits et leurs devoirs respectifs, sont indissolublement liés : « La dignité de l’homme est la dignité de
l’image de Dieu ; celle de l’Etat est la dignité de la communauté morale voulue par Dieu, celle de l’autorité publique est la dignité de la participation à l’autorité de Dieu. »
Les maîtres de la Semaine sociale de Rennes ne mettrons pas en relief ces graves exigences du devoir civique sans souligner en même temps la force surnaturelle qu’il faut recevoir de Dieu pour y demeurer fidèle. Hommes de gouvernement aux prises avec de lourdes responsabilités, organisations privées chargées de vastes intérêts collectifs, simples citoyens justement soucieux de servir le bien général, c’est à tous que s’adresse l’avertissement du Psalmiste : « Si le seigneur n’édifie la maison, en vain travaille les bâtisseurs ; si le Seigneur ne garde la cité, en vain veille la sentinelle.»
C’est seulement en reconnaissant la souveraineté sociale de Jésus Christ qu’on pourra jouir de cette véritable liberté, de cette justice sociale tant souhaitée, de cette
concordance des sentiments, sans lesquelles nulle paix ne pourra jamais exister. (…)
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