LA CONCEPTION CHRETIENNE DU POUVOIR
(Titre et intertitres sont de l'Icres)

 La morale a sa source en Dieu

Là où est niée la dépendance du droit humain à l’égard du droit divin, là où on ne fait appel qu’à une vague et incertaine autorité purement terrestre, là où l’on revendique une autonomie fondée seulement sur une morale utilitaire, le droit humain lui-même perd justement, dans ses applications les plus onéreuses, l’autorité morale qui lui est nécessaire comme condition essentielle pour être reconnue et pour postuler même des sacrifices.

L'homme est fait pour vivre en société

La souveraineté civile, en effet, a été voulue par le Créateur (cf. Léon XIII Immortale Dei) afin qu’elle réglât la vie sociale selon les prescriptions d’un ordre immuable dans ses principes universels, qu’elle rendit plus aisée, à la personne humaine, dans l’ordre temporel, l’obtention de la perfection physique, intellectuelle et morale et qu’elle l’aidât à atteindre sa fin surnaturelle.

  C’est par conséquent la noble prérogative et la mission de l’Etat, que de contrôler, aider et régler les activités privées et individuelles de la vie nationale, pour les faire converger harmonieusement vers le bien commun, lequel ne peut être déterminé par des conceptions arbitraires, ni trouver sa loi primordiale dans la prospérité matérielle de la société, mais bien plutôt dans le développement harmonieux et dans la perfection naturelle de l’homme, à quoi le créateur a destiné la société en tant que moyen.[3]

 

 

La vraie dignité de l'homme et des institutions sociales

En un mot, la vraie notion de l’Etat est celle d’un organisme fondé sur l’ordre moral du monde ; et la première tâche d’un enseignement catholique est de dissiper les erreurs – celle, en particulier, du positivisme juridique – qui, en dégageant le Pouvoir de son essentielle dépendance à l’égard de Dieu, tendent à briser le lien éminemment moral qui l’attache à la vie individuelle et sociale.

 

Avignon.jpg Seul, d’ailleurs, cet ordre souverain peut fonder ‘l’autorité véritable et effective’ de l’Etat, dont nous redisions l’impérieuse nécessité en notre dernier Radio Message de Noël. Sur cette base commune, la personne, l’Etat, l’autorité publique avec leur droits et leurs devoirs respectifs, sont indissolublement liés : « La dignité de l’homme est la dignité de l’image de Dieu ; celle de l’Etat est la dignité de la communauté morale voulue par Dieu, celle de l’autorité publique est la dignité de la participation à l’autorité de Dieu. »


La personne dépendante de l'autorité supérieure

L’ordre absolu des êtres et des fins, qui montre dans l’homme une personne autonome, c'est-à-dire un sujet de devoirs et de droits inviolables, d’où dérive et où tend sa vie sociale, comprend également l’Etat comme société nécessaire, revêtu de l’autorité sans laquelle il ne pourrait ni exister ni vivre. Si donc les hommes en se prévalant de la liberté personnelle, niaient toute dépendance par rapport à une autorité supérieure munie du droit de coercition, il saperait par le fait même le fondement de leur propre dignité et liberté, c'est-à-dire cet ordre absolu des êtres et des fins. 

 Les maîtres de la Semaine sociale de Rennes ne mettrons pas en relief ces graves exigences du devoir civique sans souligner en même temps la force surnaturelle qu’il faut recevoir de Dieu pour y demeurer fidèle. Hommes de gouvernement aux prises avec de lourdes responsabilités, organisations privées chargées de vastes intérêts collectifs, simples citoyens justement soucieux de servir le bien général, c’est à tous que s’adresse l’avertissement du Psalmiste : « Si le seigneur n’édifie la maison, en vain travaille les bâtisseurs ; si le Seigneur ne garde la cité, en vain veille la sentinelle.»

La royauté sociale de Notre Seigneur Jesus Christ

undefined C’est seulement en reconnaissant la souveraineté sociale de Jésus Christ qu’on pourra jouir de cette véritable liberté, de cette justice sociale tant souhaitée, de cette concordance des sentiments, sans lesquelles nulle paix ne pourra jamais exister. (…)
La reconnaissance des droits royaux du Christ, et le retour des individus et de la société à la loi de Sa vérité et de Son amour sont la seule voie de salut.

Summi Pontificatus 20 octobre 1939 § 42

Idem, § 44

Idem, § 45

Pie XII Ascension 1953

Lettre à Ch. Flory Président de la 41ème  Semaine sociale de France : 14 juillet 1954.

Radio message 24 décembre 1944

Lettre à Ch. Flory.

Pie XII, Summi Pontificatus

 

Par Pie XII, Pape
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Pie XII


La grande misère de l'ordre social est qu'il n'est ni profondément chrétien  ni réellement humain, mais uniquement technique et économique

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