Le site internet de l’ICRES fête son premier anniversaire. A cette occasion, Notre ami Fulcran mène un entretien avec un des principaux contributeurs du site, Hugo Clémenti, pour revenir sur cette première année et évoquer l’avenir.

 

Anniversaire.jpg Fulcran de Berges : Hugo, le site ICRES a déjà un an. Quel est votre sentiment sur cette première année d’existence sur internet ?

 

Hugo Clémenti : Je peux dire, au nom de l’ensemble de l’équipe ICRES, que nous sommes heureux de cette première année. Dans certains domaines, nous avons pris quelque retard, mais ce n’est que partie remise. Dans d’autres les résultats sont bons. Nous tenons aussi à remercier tous les lecteurs de notre site, lecteurs de plus en plus nombreux.

 

FdB : Vous nous mettez l’eau à la bouche. Quels sont les chiffres de fréquentation de ce site ?
H.C. Nous ne sommes pas des inconditionnels des chiffres, mais nous essayons de voir ce qu'on peut en dire. Pour cette première année, nous totalisons plus de 23 000 visiteurs et 83 500 pages vues. C’est modeste, mais suffisant pour espérer nous développer. Au regard des sujets que nous abordons, c’est encourageant. Nous avons surtout noté une progression marquée de la fréquentation depuis septembre. Nous sommes passés en quelques semaines de 100 visiteurs quotidiens à un rythme qui dépasse parfois les 200 par jour. Nous nous attendons pour cette deuxième année à une progression normale de 30 à 40 %. Les dossiers que nous allons sortir prochainement ne devraient pas démentir cet espoir. A nos yeux, ces chiffres restent modestes, trop modestes à notre goût. Ne nous y trompons pas : nous restons comme une goutte d’eau dans l’immense océan Internet. Mais nous avons confiance.

 

FdB : Quels sont les dossiers les plus lus ?
H.C. : Ce sont les articles  concernant les styles de management, les études sur  Rogers, Maslow et Porter, Blake, Tannenbaum et bien sûr tout ce qui concerne l’Analyse Transactionnelle dont le succès ne se dément pas. Je pense que ce succès (très relatif, ne l’oublions pas) vient de ce que tout sur le site Icres est d’accès libre et gratuit. On peut télécharger ce que l’on veut et faire circuler. Nous ne posons aucune condition. La gratuité s’avère être le secret du développement, un formidable avantage. Il contraste avec beaucoup d’autres sites qui mettent l’eau à la bouche par un début d’article et qui demandent deux ou trois € pour pouvoir lire la suite. Notre politique, c’est la diffusion : nous diffusons. Bien sûr, il y a aussi quelques grincements de dents. Certains éditeurs s’interrogent sur la portée de nos critiques… Tout cela est bien normal.

 

FdB : Quelles sont les conséquences de la présence de l’ICRES sur internet ?

 

H.C. : C’est un outil de communication très puissant. Les conférences que nous faisons par ailleurs nous le prouvent : le site Icres est de plus en plus connu et consulté. Il permet à de nombreuses personnes, (en général du monde du travail, mais pas uniquement) d’entrer en contact avec nous pour nous faire part de leurs inquiétudes, pour nous laisser des témoignages. Un public se forme. D’une manière générale, les expériences qui nous sont rapportées confirment nos analyses : les manipulations psychologiques les plus éculées, sous couvert de ‘science’ et de ‘nouvelles découvertes’ sont monnaie courante dans les psychothérapies, mais aussi dans les formations à la communication et au management. Lentement, les entreprises commencent à se rendre compte qu’elles servent à financer des théories qui parasitent leur organisation. La difficulté vient de ce que certains membres des équipes de réflexion managériale sont devenus des adeptes de ces théories débilitantes.

 

FdB : Comment cela a-t-il été possible ?
H.C. : Parce que, intellectuellement, universitairement parlant, il n’y a pas d’alternative : on ne fait appel, dans le management qu'aux mondialistes américains.  Mais nous avons obtenu récemment, et grâce à notre site, quelques contacts prometteurs. La situation actuelle peut évoluer. C’est un travail de longue haleine.

 

FdB : Quelles sont vos perspectives d'avenir ? Quelles sont les prochaines étapes dans le travail de l’ICRES ?
H.C.: Nous allons poursuivre le travail entrepris.

  • Sur l’Analyse Transactionnelle. Il est possible que nous ouvrions un autre site sur ce qu’il faut bien appeler ce ‘problème’. A ce sujet nous devons clairement intensifier notre action auprès des entreprises.
  • Nous nous consacrerons à l’étude du mouvement humaniste américain, à ses accointances avec le New Age. Nous sommes en relation avec certaines personnes outre atlantique qui partagent notre façon de voir les choses. Je peux vous dire qu’elles sont encore plus actives que nous.
  • Nous voudrions nous attaquer en 2008 à un gros morceau : la PNL. Vous avez peut-être remarqué qu’il y a sur le menu de notre site un emplacement réservé à cette « méthode ». Pour l’instant, nous n’avons encore rien mis en ligne. Les statistiques de fréquentations montrent qu’il y a une réelle demande de clarification sur la vraie nature de la PNL. Aussi avons-nous décidé de mettre les bouchées doubles pour présenter notre analyse déjà commencée, et publier un premier travail en 2008. Là encore, il y a beaucoup à dire sur ce phénomène inquiétant qui s’infiltre toujours plus dans les entreprises. C’est une question de temps.
  • Nous voulons aussi préparer un dossier sur les catholiques sociaux, notamment sur Léon Harmel.
  • 2008 coorespond au cinquantenaire du décès du Pape Pie XII. Nous voudrions ou bien créer un autre site qui lui sera consacré, (ce qui ferait trois sites dépendant de l’Icres) ou bien nous nous contenterons de lui réserver plusieurs dossiers sur le site actuel.
  • Enfin, nous prévoyons deux à trois conférences par mois, de par toute la France, en lien avec nos amis de Civitas. Nous collaborons également à leur revue à raison d’un ou deux articles par mois.

Tous ces axes de travail concourent à démontrer l’existence d’une pensée catholique en sociologie, ce qui, pour certains, semble impossible. Car, dit-on, il ne faut pas ‘mélanger’ la science et la religion. Nous ne ‘mélangeons’ pas, nous distinguons pour hiérarchiser. Nous posons la question : pourquoi la déchristianisation? Nous partons des situations, nous remontons aux causes . Elles sont clairement indiquées dans les auteurs que nous étudions.
Vous voyez que le site Icres n’absorbe pas toute notre activité. Les projets sont peut-être un peu trop nombreux, mais nous allons faire tranquillement les choses dans l’ordre qui nous paraîtra le plus utile. Nos lecteurs nous dirons ce qui les intéresse le plus.

 

FdB : Je reviens sur le début de votre réponse. Vous évoquez rapidement l’Analyse Transactionnelle qui est un de vos axes forts de travail. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce sujet ?
H.C. : Tout ce que je peux vous dire pour l’instant c’est que notre objectif de faire interdire la pratique de l’Analyse Transactionnelle en France reste plus que jamais d’actualité et que nous allons maintenir, voire amplifier l’action dans ce sens. Il semble que nous progressons. Rappelons tout de même que nous ne sommes pas les seuls à aller dans ce sens. La plupart des sites internet 'antisectes' y collaborent. Que le site de l’Ifat suprime cette année, en 2007, certaines références à Jacqui Schiff (mais pas toutes) et aux méthodes de ‘reparentage’ est bon signe. Encore en 2006, on pouvait lire sur leur site : "L'école du reparentage « Cathexis Institute » met l'accent sur le traitement et la réparation de l'Etat du moi Parent du client, sur ce qui s'y trouve de toxique, d'inadéquat, et sur ce qui lui manque (ces techniques de travail ont été élaborées dans un but de traitement de jeunes schizophrènes). Pour cette Ecole c'est dans l'Etat du moi Enfant que se situe la souffrance et dans l'Etat du moi Parent que se situe le problème."
Qu’ils aient supprimé la référence prouve que le problème est dans l’AT et non dans le « Parent ». Grâce au travail des uns et des autres, nous avançons. Nous voyons, dans le gommage de ces références, le prélude à l’effondrement.

 

FdB : Pour le coup, n’êtes vous pas trop optimistes ?
H.C. : Non, je ne le crois pas, car ils sont tentés par l’abandon d’un concept central. C'est une question de temps. Le mur de Berlin s’est écroulé peu après l’abandon du concept de la« dictature du prolétariat ». Mais rassurez-vous, nous n’avons pas l’intention de nous arrêter là, nous n'en sommes qu'au début.
Quand nous parlons de l'Ifat, nous ne parlons que de ce qui se passe en France. L'AT est présente dans de nombreux pays. Nous allons diffuser toujours plus ; diffuser de manière ciblée. Ils finiront par abandonner le PAE et ce sera gagné. Nous n’oublions pas que de nombreux formateurs ou conseils en entreprise vivent actuellement de cet outil. Ils s’inquiètent, à juste titre, des difficultés d’obtenir des contrats ou des plaintes émanant de stagiaires. A tous nous rappelons que l’Icres n’a rien contre eux. Il est légitime qu’ils veuillent gagner leur vie. Mais nous leur conseillons de changer d’outil de travail. Les produits ne manquent pas. C’est leur intérêt. Ils s’en trouveront mieux, les entreprises aussi. A condition, évidemment, de ne pas prendre les produits issus de l’AT, tels que les méthodes de Taïbi Kahler, ou encore la PNL (qui, elle, n’est pas « issue » de l’AT, mais présente d’autres inconvénients.)

 

FdB : Cher Hugo, merci. Je vois que votre énergie est décuplée et ceci annonce une année 2008 pleine d’action.
H.C. : Merci à vous, Fulcran, qui malgré vos lourdes responsabilités professionnelles, trouvez encore le temps de collaborer avec nous. Que votre exemple inspire les bonnes volontés !

 
 

 

Par Fulcran de Berges
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La grande misère de l'ordre social est qu'il n'est ni profondément chrétien  ni réellement humain, mais uniquement technique et économique

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